S'installer en kiné libéral en 2026 : le guide complet
En bref
- Pour exercer en libéral, il faut le diplôme d'État, l'inscription à l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (qui attribue le numéro RPPS) et une assurance RC pro.
- Le conventionnement dépend du zonage : en zone « non prioritaire », il n'est accordé qu'en remplacement d'un kiné qui cesse son activité (« 1 départ pour 1 installation »).
- Comptez en moyenne 30 000 à 50 000 € pour un cabinet complet ; le logiciel coûte de 35 € HT à 189 € par mois selon l'offre.
- Une fois installé, le forfait FAMI peut vous rapporter 490 € par an si votre équipement informatique remplit 5 indicateurs.
La France compte 111 400 kinésithérapeutes en activité au 1er janvier 2026, un effectif qui progresse de 3,1 % par an depuis 2017 selon la DREES. S'installer reste attractif, mais l'installation est désormais encadrée selon le territoire. Ce guide reprend chaque étape, dans l'ordre, avec les coûts à prévoir.
Les conditions pour exercer en libéral
- Le diplôme d'État de masseur-kinésithérapeute (ou une autorisation d'exercice pour un diplôme étranger).
- L'inscription au tableau de l'Ordre départemental. Le numéro RPPS vous est attribué à la première inscription ; il est unique et vous le gardez toute votre carrière. Si vous êtes déjà inscrit (comme remplaçant ou salarié), vous faites une déclaration d'activité.
- Une assurance responsabilité civile professionnelle (RCP), obligatoire pour tout soignant libéral depuis la loi du 4 mars 2002. Exercer sans elle expose à 45 000 € d'amende et à une interdiction d'exercer (article L1142-25 du Code de la santé publique). Voir notre guide RC pro.
Où s'installer : le zonage et ses conséquences
Depuis l'avenant 7 à la convention nationale, signé en juillet 2023, le territoire est découpé en 4 catégories de zones selon l'offre de soins : très sous-dotées, sous-dotées, intermédiaires et non prioritaires. Le classement est fixé par un arrêté de l'ARS de chaque région, par bassin de vie.
| Zone | Conventionnement | Aides |
|---|---|---|
| Très sous-dotée | Libre | Contrats d'aide à la création ou à la reprise de cabinet (CACCMK), à l'installation dans un cabinet existant (CAIMK), au maintien d'activité (CAMMK) |
| Sous-dotée | Libre | Mêmes contrats d'aide, selon l'arrêté régional |
| Intermédiaire | Libre | Pas d'aide spécifique à l'installation |
| Non prioritaire | Uniquement en succession d'un kiné qui cesse définitivement son activité dans la zone | Aucune |
En zone non prioritaire, la règle dite « 1 départ pour 1 installation » s'applique après examen par la commission paritaire départementale. L'avenant 7 prévoit aussi que la cessation d'activité d'un kiné n'ouvre droit au conventionnement que si son activité atteignait au moins 1 200 actes l'année précédente. Les zones non prioritaires couvrent environ 30 % de la population française.
En pratique : consultez la carte du zonage kinésithérapeute sur le site de l'ARS de votre région, puis prenez contact avec la CPAM du lieu d'installation, surtout en zone non prioritaire.
Les démarches, dans l'ordre
- Inscription (ou déclaration d'activité) à l'Ordre départemental des masseurs-kinésithérapeutes.
- Souscription de la RC pro (et, si vous avez un local, d'une assurance multirisque du cabinet).
- Ouverture d'un compte bancaire dédié à l'activité : plus simple pour la comptabilité (voir notre comparatif des comptes pro).
- Préparation de l'installation avec la CPAM : un formulaire en ligne vous demande votre RPPS, votre numéro de sécurité sociale, vos coordonnées, le code postal du cabinet et la date prévisionnelle d'installation. Un rendez-vous avec un conseiller suit, à l'issue duquel vous recevez les documents de démarrage et votre conventionnement.
- Immatriculation de l'activité à l'URSSAF et affiliation au régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC).
- Affiliation à la CARPIMKO, la caisse de retraite des auxiliaires médicaux.
- Équipement pour télétransmettre : carte de professionnel de santé (CPS), logiciel agréé SESAM-Vitale et lecteur de carte compatible.
- En option : l'assurance volontaire accidents du travail et maladies professionnelles, non obligatoire pour les libéraux.
Vous pouvez suivre ces étapes une à une avec notre checklist d'installation à cocher.
Le budget d'une installation de kiné
L'investissement initial moyen se situe entre 30 000 et 50 000 € pour un cabinet complet. L'équipement d'un cabinet de kinésithérapie générale représente à lui seul environ 10 000 à 25 000 €, dont la majeure partie va aux tables, à l'électrothérapie de base et à l'aménagement.
| Poste | Ordre de grandeur | Notre guide |
|---|---|---|
| Logiciel de gestion et de télétransmission | 35 € HT à 189 € par mois | Comparatif logiciels kiné |
| Lecteur de carte Vitale | 70 à 200 € (fixe 2 fentes), 150 à 300 € (Bluetooth) | Choisir son lecteur |
| Table de soins électrique professionnelle | À partir d'environ 1 800 € HT l'unité | Matériel du cabinet |
| Équipement complet d'un cabinet général | 10 000 à 25 000 € | Matériel du cabinet |
| Compte bancaire dédié | 0 à 19 € HT par mois | Comptes pro |
| Installation complète (local, travaux, équipement) | 30 000 à 50 000 € | Simulateur |
Le logiciel : le premier choix structurant
Le logiciel porte vos bilans, le suivi des séances, la cotation, la facturation et la télétransmission. Il doit être agréé SESAM-Vitale et intégrer les téléservices (ADRi, SCOR, DMP). Le choix dépend surtout de votre ordinateur et de votre pratique :
- Cabinet sous Windows, besoin d'une comptabilité intégrée : les logiciels installés comme VEGA, Kiné +4000 ou Kinépratik.
- Mac, tablette ou beaucoup de domicile : les solutions en ligne comme Topaze Air Kiné, Milo Kiné, Maiia Kiné ou Doctolib Kiné.
- Priorité à la visibilité et à l'agenda en ligne : Doctolib Kiné réunit agenda, facturation et dossier, pour 69 à 189 € par mois.
Prix, compatibilités et points faibles de chaque solution : notre comparatif des logiciels kiné.
Le matériel à prévoir
La table de soins est le premier investissement. Viennent ensuite l'électrothérapie, le petit matériel de rééducation (bandes élastiques, ballons, plateaux de proprioception), le mobilier et l'informatique. Si vous faites des visites à domicile, prévoyez un lecteur de carte Vitale portable en plus du lecteur fixe. Retrouvez la liste complète dans notre guide matériel pour ouvrir un cabinet de kiné.
Les aides financières à connaître
- Le FAMI (forfait d'aide à la modernisation et à l'informatisation) : 490 € par an si vous validez 5 indicateurs (logiciel compatible DMP, version SESAM-Vitale à jour, SCOR, taux de télétransmission, messagerie sécurisée). Des compléments existent, jusqu'à 1 115 € au total pour un kiné. Vos indicateurs se déclarent sur amelipro, en début d'année.
- Les contrats incitatifs en zone très sous-dotée et sous-dotée (CACCMK, CAIMK, CAMMK), selon l'arrêté de zonage de votre ARS.
Banque, comptabilité, protection
Depuis le 1er juillet 2021, les kinés libéraux ont droit à des indemnités journalières de l'Assurance Maladie, à condition d'être affiliés depuis au moins un an : la première année, seule une prévoyance privée vous couvre en cas d'arrêt. Pensez aussi au compte bancaire dédié et à un outil de comptabilité qui prépare la déclaration 2035.
Quel compte pro pour un libéral de santé ?
Qonto, Shine, banque traditionnelle : prix et fonctions utiles.
Lire le guide →RC pro : obligations et comparatif
Ce que dit la loi, les garanties à vérifier, les assureurs du secteur.
Lire le guide →Questions fréquentes
Peut-on s'installer n'importe où en tant que kiné libéral ?
Vous pouvez vous installer où vous voulez, mais le conventionnement par l'Assurance Maladie dépend du zonage. En zone non prioritaire, il n'est accordé qu'en remplacement d'un kiné qui cesse définitivement son activité dans la zone. Sans conventionnement, vos patients sont très faiblement remboursés.
Combien coûte l'installation d'un cabinet de kinésithérapie ?
En moyenne 30 000 à 50 000 € pour un cabinet complet, dont 10 000 à 25 000 € d'équipement pour un cabinet de kinésithérapie générale. Le simulateur de budget du site permet d'ajuster chaque poste avec vos devis.
Quel logiciel choisir quand on s'installe en kiné ?
Il doit être agréé SESAM-Vitale. Sous Windows avec un besoin de comptabilité intégrée, VEGA, Kiné +4000 ou Kinépratik sont adaptés ; sur Mac ou en mobilité, préférez une solution en ligne comme Topaze Air Kiné, Milo, Maiia ou Doctolib Kiné.
Quelle aide pour financer l'informatique du cabinet ?
Le forfait FAMI verse 490 € par an aux kinés conventionnés qui remplissent 5 indicateurs (logiciel compatible DMP, SESAM-Vitale à jour, SCOR, taux de télétransmission, messagerie sécurisée), avec des compléments possibles.
L'assurance RC pro est-elle obligatoire pour un kiné libéral ?
Oui. Elle est obligatoire pour tous les professionnels de santé libéraux depuis la loi du 4 mars 2002. Le défaut d'assurance est puni de 45 000 € d'amende et d'une interdiction d'exercer.
Sources
Pages consultées pour rédiger et vérifier ce guide :
- DREES – Démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2026
- Walter Learning – L'installation en tant que kiné libéral (mai 2026)
- Ordre des MK du Vaucluse – Nouveau zonage kinésithérapeutes
- Assemblée nationale – Question écrite n° 14922 (régulation des kinés)
- Assemblée nationale – Question écrite n° 18550 (régulation des jeunes diplômés, sept. 2026)
- ARS PACA – Guide d'installation et zonage des masseurs-kinésithérapeutes
- Propulse by CA – Les étapes clés pour s'installer comme kiné libéral
- Modèles de business plan – Liste des équipements d'un cabinet de kinésithérapie
- Lonasanté – Logiciel kiné : les 7 meilleures solutions en 2026 (juin 2026)
- Lonasanté – Quel lecteur de carte Vitale choisir (mai 2026)
- Lonasanté – Aide FAMI : forfait d'aide à la modernisation (avril 2026)
- Lonasanté – RCP professionnel de santé : 8 assureurs en 2026
- France Épargne – Meilleurs assureurs RC pro : le comparatif
- MACSF – Choisir la MACSF pour sécuriser son activité de kiné